Il reste des places
Le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme (mahJ) propose des rencontres dans son auditorium pour prolonger les domaines abordés dans le musée et les expositions.
Jeudi 28 mai, rendez-vous avec historienne de l'art Claudia Podsiadlo autour de l'artiste Alice Halicka (1889-1974).
Dans le cadre du cycle "Art et archéologie du judaïsme"
Reléguée à la marge par l’historiographie après avoir connu une notoriété internationale, Alice Halicka (1889-1974) a néanmoins négocié sa place dans l’art moderne, allant jusqu’à façonner sa propre légende de pionnière du cubisme. Sa trajectoire, tout autant que son œuvre, requiert néanmoins une réévaluation complète, tant certaines interprétations traditionnelles de son parcours sont réductrices ou inexactes.
Née Alicja Roseblatt dans une famille juive aisée de Cracovie, elle y débute une formation qu’elle poursuivra à Munich, puis à Paris. Dès 1912, elle s’intègre aux cercles d’avant-garde, notamment par son mariage avec Louis Marcoussis. Elle côtoie Braque, Picasso, Apollinaire ou Gris, et bien qu'elle adopte certains codes du cubisme, sa peinture reste figurative à cette époque.
Après la Première Guerre mondiale, elle retourne en Pologne et réalise plusieurs séries de vues du quartier juif de Cracovie. Ces œuvres rencontrent un grand succès, seront exposées notamment par la galeriste Berthe Weil et lui vaudront d'autres commandes, comme les illustrations de Les Enfants du ghetto d’Israël Zangwill. Cependant, son rapport à ses origines peut, à nos yeux, sembler complexe et ambivalent.
À partir de 1925, elle élabore un style plus affirmé, notamment avec une série de collages intitulée Romances capitonnées, inventant une technique originale : des œuvres-reliefs mêlant papiers collés et textiles, et qui feront sa renommée. Plusieurs de ces pièces mettent en scène des figures féminines affranchies des conventions sociales et s’accompagnent d’une critique des valeurs bourgeoises. Ses vues stylisées de Paris lui ouvrent l’accès à des collaborations prestigieuses, notamment avec la maison de cosmétiques d’Helena Rubinstein à New York.
La Seconde Guerre mondiale interrompt brutalement sa carrière. Halicka et Marcoussis se réfugient en zone sud, où ce dernier meurt en 1941.
À son retour à Paris, elle publie en 1946 Hier, autobiographie dans laquelle elle revient sur l’entre-deux-guerres et les épreuves vécues durant l’Occupation. Retour sur les identités multiples d’une artiste trop souvent associée au cubisme, alors que c'est ailleurs que s'est exprimé son esprit pionnier.
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Le musée d'art et d'histoire du Judaïsme porte l'appellation "Musée de France". Il est situé dans le Marais, au sein de l'hôtel particulier de Saint-Aignan. Le mahJ s'attache à faire découvrir l'histoire et l'art juifs à travers ses riches collections permanentes, ses nombreuses expositions temporaires et sa programmation culturelle œuvrant en faveur du dialogue entre les cultures.
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